La SASU, société par actions simplifiée unipersonnelle, réunit un associé unique, une responsabilité limitée aux apports et un président au statut d’assimilé salarié. Son capital démarre légalement à 1 EUR symbolique, sans plancher imposé. Cette souplesse explique son succès auprès des créateurs marseillais qui veulent protéger leur patrimoine tout en gardant une couverture sociale proche de celle d’un cadre.
Une société à associé unique, responsabilité limitée
La SASU fonctionne comme une SAS classique, mais avec un seul détenteur du capital. Cet associé unique se révèle être une personne physique, vous en tant que particulier, ou une personne morale, par exemple une société holding. Sa responsabilité reste cantonnée au montant de ses apports : en cas de difficulté, ses biens personnels échappent aux créanciers de l’entreprise. Cette séparation du patrimoine constitue le premier atout de la forme sociétaire face à l’entreprise individuelle.
Le capital social se compose d’apports en numéraire, une somme d’argent, ou en nature, un bien comme du matériel. Aucun montant plancher ne s’impose, ce qui autorise un démarrage avec un euro. Le capital peut aussi être fixe ou variable selon les statuts rédigés.
Le président assimilé salarié, ligne de partage avec l’EURL
Dès qu’il perçoit une rémunération, le président de SASU devient assimilé salarié. Sa protection sociale rejoint presque celle d’un cadre du régime général : assurance maladie, accidents du travail, retraite de base et complémentaire, prévoyance. Une exception majeure demeure, l’assurance chômage, à laquelle il ne cotise pas et qui ne lui ouvre donc aucun droit aux allocations.
Ce statut crée la vraie frontière avec l’EURL, dont le gérant associé relève du régime des travailleurs indépendants. Le contraste se lit autant sur le niveau de protection que sur le coût des cotisations rapporté au revenu net versé.
Le gérant d’EURL cotise donc moins, mais valide une protection plus limitée. Le président de SASU paie davantage pour une couverture renforcée. Pour confronter ces régimes à vos propres chiffres, testez notre comparateur chiffré des statuts qui croise charges, responsabilité et fiscalité.
Aucune cotisation minimale sans rémunération
Voici l’avantage social le plus concret de la SASU. Lorsque le président ne se verse rien, aucune cotisation sociale minimale n’est exigée. Le dirigeant peut donc se rémunérer uniquement en dividendes, ou attendre les premiers bénéfices avant de toucher un salaire, sans charge fixe qui grève la trésorerie de départ.
L’EURL applique une logique inverse. Son gérant majoritaire reste redevable de cotisations forfaitaires minimales même en l’absence totale de revenu, ce qui pèse dès le premier exercice déficitaire.
Ce mécanisme rend la SASU attractive pour une activité de lancement, une société de holding patrimoniale ou un projet dont les premiers mois s’annoncent sans revenu régulier. Le dirigeant pilote sa rémunération au plus près de la réalité économique.
La fiscalité : impôt sur les sociétés par défaut
La SASU relève de l’impôt sur les sociétés. Le bénéfice supporte un taux standard de 25 %, ramené à 15 % sur la tranche jusqu’à 42 500 EUR, à condition que le chiffre d’affaires reste sous 10 millions d’euros et que le capital soit détenu à 75 % au moins par des personnes physiques. La rémunération versée au président, elle, se déduit du résultat imposable, ce qui diminue d’autant l’assiette de l’impôt.
Une option pour l’impôt sur le revenu reste possible, mais temporaire : 5 exercices comptables au maximum, sans renouvellement. Passé ce délai, le retour à l’impôt sur les sociétés devient irrévocable. Cette fenêtre sert surtout à imputer des déficits de démarrage sur le revenu personnel de l’associé.
Les dividendes échappent aux cotisations sociales
Le second levier fiscal de la SASU porte sur la distribution de dividendes. Une fois l’impôt sur les sociétés acquitté, le bénéfice distribué subit le prélèvement forfaitaire unique de 30 %, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Point décisif, ces dividendes ne supportent aucune cotisation sociale, contrairement à ceux d’une EURL ou d’une SARL dont le gérant majoritaire voit la fraction dépassant 10 % du capital réintégrée dans l’assiette sociale.
| Caractéristique 2026 | SASU | EURL |
|---|---|---|
| Capital social minimum | 1 EUR | 1 EUR |
| Régime social du dirigeant | Assimilé salarié | Travailleur indépendant |
| Cotisations sur rémunération nette | 75 à 80 % | 40 à 45 % |
| Cotisation si dirigeant non rémunéré | 0 EUR | Forfait minimal dû |
| Imposition par défaut | Impôt sur les sociétés | Impôt sur le revenu |
| Cotisations sociales sur dividendes | Non | Oui au-delà de 10 % du capital |
| Plafond annuel Sécurité sociale (PASS) | 48 060 EUR | 48 060 EUR |
Ce tableau résume la mécanique : la SASU coûte plus cher en cotisations sur le salaire, mais sécurise les dividendes et n’impose rien sans rémunération. L’arbitrage dépend du mix salaire-dividendes que vous visez et de votre besoin de protection sociale.
Choisir la SASU pour un projet marseillais
La SASU convient aux porteurs de projet qui visent une croissance structurée, une entrée éventuelle d’associés, ou une optimisation salaire-dividendes maîtrisée. Sa souplesse statutaire facilite la transformation en SAS pluripersonnelle sans création d’une nouvelle société, un atout pour qui anticipe une levée de fonds ou un recrutement d’associé.
Les frais de création restent ceux d’une société classique, autour de 200 EUR de formalités obligatoires. Pour cadrer chaque étape, du choix de la forme à l’immatriculation au guichet unique, suivez notre parcours pour lancer son entreprise pas à pas. Et si votre activité s’installe dans un quartier prioritaire, vérifiez votre éligibilité aux aides locales grâce à notre simulateur d’aides à la création, qui chiffre les exonérations mobilisables sur le territoire.
Sources
- Caractéristiques et capital de la SASU, service-public.fr (Entreprendre)
- Statut social du président et cotisations, service-public.fr (Entreprendre)
- Fiscalité de la SASU et dividendes, service-public.fr (Entreprendre)
- Taux de l’impôt sur les sociétés 2026, service-public.fr (Entreprendre)
- Plafond annuel de la Sécurité sociale 2026, service-public.fr


