L'auto-entrepreneur ne paie jamais d'impôt sur son chiffre d'affaires brut. Le calcul des impôts auto-entrepreneur passe toujours par un abattement forfaitaire, puis soit le barème progressif de l'impôt sur le revenu, soit le versement libératoire. Ces deux régimes donnent des montants très différents selon l'activité exercée et la composition du foyer fiscal. Le calculateur plus bas affiche le revenu net imposable en quelques secondes, abattement inclus, pour vérifier sa base avant de remplir le formulaire de déclaration.
Micro-BIC ou micro-BNC : quel abattement s’applique à vos revenus
L'administration fiscale n'impose jamais le chiffre d'affaires encaissé mais un revenu net calculé après un abattement forfaitaire censé couvrir les charges professionnelles. Le taux dépend de la nature de l'activité : 71 % pour l'achat-revente et la fourniture de logement, 50 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales relevant du micro-BIC, 34 % pour les professions libérales relevant du micro-BNC.
Ces abattements s'appliquent tant que le chiffre d'affaires annuel reste sous les plafonds 2026 : 203 100 € pour la vente et l'hébergement, 83 600 € pour les services BIC et les activités libérales. Un dépassement isolé sur une seule année ne change rien, le régime micro tolère un franchissement ponctuel. C'est la répétition sur deux années consécutives qui déclenche la sortie du régime, avec bascule vers un régime réel dès le 1er janvier suivant.

Calculer sa base imposable auto-entrepreneur en 2 minutes
Entrez votre chiffre d'affaires annuel encaissé et précisez votre activité : le calculateur applique l'abattement correspondant, affiche le revenu net imposable au barème progressif, et le compare instantanément au montant que vous paieriez avec le versement libératoire.
Calculateur de revenu imposable
Quelques repères avant de saisir votre propre chiffre d'affaires : un auto-entrepreneur en prestations de services qui encaisse 30 000 € déclare un revenu net imposable de 15 000 €, contre 8 700 € pour un montant équivalent en vente de marchandises, et 19 800 € en profession libérale. L'écart tient uniquement au taux d'abattement, pas au montant réellement perçu.
Versement libératoire ou barème progressif : lequel choisir
Le versement libératoire remplace l'impôt sur le revenu calculé au barème progressif par un pourcentage fixe du chiffre d'affaires, prélevé en même temps que les cotisations sociales : 1 % pour la vente et l'hébergement, 1,7 % pour les prestations de services BIC, 2,2 % pour les activités libérales BNC. Il n'est ouvert qu'aux foyers dont le revenu fiscal de référence de l'année N-2 ne dépasse pas 29 315 € par part de quotient familial pour 2026.
Le choix se joue essentiellement sur le taux marginal d'imposition du foyer. En dessous de la tranche à 11 %, le barème progressif reste presque toujours plus avantageux. Au-delà, le versement libératoire devient intéressant car il fige le prélèvement à un taux inférieur au taux marginal, sans dépendre du reste des revenus du foyer. Comparer les deux montants avec le simulateur dédié au versement libératoire avant d'opter reste plus fiable qu'une estimation approximative : l'option se prend à la création ou avant le 30 septembre pour une application l'année suivante.
Le régime fiscal ne dispense jamais des cotisations sociales, calculées séparément selon un taux propre à chaque activité. Pour une vision complète de la charge fiscale et sociale, la fiscalité globale de la micro-entreprise détaille l'articulation entre TVA, cotisations et impôt sur le revenu.

Déclarer son chiffre d’affaires : démarches et échéances
Deux déclarations distinctes s'imposent à l'auto-entrepreneur. La première, mensuelle ou trimestrielle selon l'option choisie à la création, se fait sur autoentrepreneur.urssaf.fr : elle sert au calcul des cotisations sociales et, pour ceux qui ont opté pour le versement libératoire, au prélèvement de l'impôt en même temps. Un chiffre d'affaires nul doit être déclaré comme tel, l'absence de déclaration expose à une pénalité de 55 € minimum.
La seconde déclaration, annuelle, se fait au printemps via le formulaire 2042-C-PRO joint à la déclaration de revenus classique. Elle concerne tous les auto-entrepreneurs, y compris ceux qui ont opté pour le versement libératoire : le chiffre d'affaires y figure à titre indicatif pour le calcul du revenu fiscal de référence, mais n'est pas réimposé une seconde fois. Oublier cette case est l'erreur la plus fréquente chez les auto-entrepreneurs qui pensent que le versement libératoire les dispense de toute démarche annuelle.
Se maintenir sous les plafonds de chiffre d'affaires évite aussi de perdre le bénéfice de la franchise de TVA, dont les seuils suivent une logique proche de celle des plafonds du régime micro, avec une tolérance similaire avant bascule obligatoire. Les créateurs en première année profitent par ailleurs souvent d'exonérations de charges sociales en première année, qui réduisent le montant réellement prélevé sans changer le calcul de l'impôt lui-même.
Pour aller plus loin
Le régime social suit une logique propre, distincte du calcul de l'impôt : les cotisations restent dues même en l'absence de tout impôt sur le revenu à payer. Avant de basculer d'un plafond à l'autre, mieux vaut comparer les seuils de chiffre d'affaires et de TVA du régime micro pour anticiper le changement de régime plutôt que de le subir.


